La peur de faire faux

“J’ai peur de faire faux dans la posture, comment je peux être sûre que je suis bien positionnée?”


En quelques mots simples je dirai: si tu ressens quelque chose qui s’approche de ce qu’on t’as indiqué (c.f les indications de sensations physiques communiquées par ton enseignant) c’est que tu es au bon endroit. 

Garde néanmoins à l’esprit que chaque corps est différent. Ce que t’indique ton enseignant c’est plutôt ce que tu peux ressentir. Pas nécessairement ce que tu vas ressentir. 

Pour moi cette question sous-entend deux autres questions.

  • Est ce que je risque de me blesser?
  • Est ce que ce que je fais ressemble à ce que fait mon professeur?

Ces questions font référence à des peurs, la peur de se tromper et la peur de ne pas être parfaite.

Si tu regardes un livre traditionnel de yoga tu remarqueras que beaucoup de postures semblent inaccessibles. Et c’est okay. Il y a d’ailleurs un maitre de yoga qui trouvait dommage que les yogāsana soient fixées dans des livres. La pratique des āsana est une pratique vivante et nos corps évoluent.

Evidemment qu’un yogi qui pratique plusieurs heures par jour sera capable de faire des choses que tu ne pourras jamais faire. D’une part grâce à son entrainement et d’autre part parce qu’il y a probablement une anatomie différente de la tienne. Et en vrai on s’en fiche! Il n’y a pas de version plus avancée que d’autre. La pratique des āsana permet d’entretenir le corps physique pour le maintenir en bonne santé. Et éventuellement à le préparer à des postures prolongées de méditations. Bien sûr tes alignements dans les āsana t’aident à un niveau énergétique plus subtile. Mais baby steps, tout vient en son temps.

En ce qui concerne la peur de se blesser, c’est une crainte qui, je crois, est partagée par de nombreuses personnes. Probablement à cause de nos égos qui veulent nous amener là ou on est pas encore prêtes à aller. Et aussi peut être parce que les formations de professeurs de yoga n’insistent pas suffisamment sur l’anatomie / physiologie (je généralise par rapport à mon expérience personnelle). D’ailleurs c’est la raison principale qui m’a donnée envie de me former comme coach sportive, pour compléter mes connaissances du mouvement physique. Mais comme je le dis souvent « la seule personne dans ton corps c’est toi-même ». Alors reste à l’écoute, utilise la respiration et apprends à écouter ton intuition et à sentir ce qui se passe en toi. Souvent il y a des signaux qui nous indiquent qu’on risque de se blesser et pratiquer en conscience c’est apprendre à les suivre.

Le yoga nous apprend à écouter notre corps et à sentir ce qui s’y passe. Si tu as du mal à sentir les choses et que tu es plutôt visuelle, notamment concernant l’allongement de ta colonne vertébrale, prends un moment pour te filmer et/ou pratiquer devant un miroir. Je ne suis pas fan des miroirs de manière générale mais lorsqu’on débute et qu’on n’arrive pas vraiment à sentir les choses, c’est un excellent outil. 

De manière générale et selon ce que j’enseigne l’inconfort est acceptable, la douleur ne l’est pas. La différence est dans la sensation. Si tu ressens une douleur vive lors d’un āsana, des extrémités qui fourmillent ou un sentiment de perte d’équilibre, ajustes-toi ou sors complètement de la posture. Si c’est un inconfort ou quelque chose qui étire en douceur, respire et amène tout plein d’amour dans cette zone. Trouver le confort dans l’inconfort c’est l’une des clés de cette pratique.

Si tu as des pathologies particulières, renseigne-toi auprès de ton thérapeute ou de ton enseignant, il y a peut être des choses à éviter.

Il n’y pas nécessairement de faux mouvement, plutôt des positions prolongées inadaptées à notre anatomie / physiologie.


Photo de Cliff Booth provenant de Pexels

Julie

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